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8 novembre 2013 5 08 /11 /novembre /2013 18:55

La Grâce des brigands

 

Présentation de l’éditeur

Quand Maria Cristina Väätonen reçoit un appel téléphonique de sa mère, dont elle est sans nouvelles depuis des années, l'ordre qu'elle avait cru installer dans sa vie s'en trouve bouleversé. Celle-ci lui demande instamment de venir chercher pour l'adopter Peeleete, le fils de sa sœur. Nous sommes en juin 1989, Maria Cristina vit avec son amie Joanne à Santa Monica (Los Angeles). Cela fait vingt ans qu’elle a quitté Lapérouse, et son univers archaïque pour la lumière de la ville et l'esprit libertaire de la Californie des années 70.
Elle n'est plus la jeune fille contrainte de résister au silence taciturne d'un père, à la folie d'une mère et à la jalousie d'une sœur. Elle n'est plus non plus l'amante de Rafael Claramunt, un écrivain/mentor qu'elle voit de temps à autre et qui est toujours escorté par un homme au nom d'emprunt, Judy Garland. Encouragée par le succès de son premier roman, elle est déterminée à placer l'écriture au cœur de son existence, être une écrivaine et une femme libre.
Quitte à composer avec la grâce des brigands.

 

Mon avis

Ce qui m’a attirée vers ce livre, ce n’est pas sa couverture ni particulièrement belle, ni tout à fait moche. Banale, en somme. Ce n’est pas non plus son titre, vaguement intrigant mais pas du tout révélateur de ce que l’on s’apprête à lire. C’est tout simplement son résumé, ce qui est censé (et j’insiste sur le censé) vraiment retenir notre attention lorsqu’on choisit un livre.

 

Ce ne sont donc pas non plus les divers avis que j’aurais pu lire ce livre – j’en ai en fait lu après l’avoir choisi pour les matchs de la rentrée littéraire organisés par Price Minister – tout simplement parce que son résumé m’avait vraiment tapé dans l’œil et que, même si plusieurs titres m’attiraient, c’était vers celui que mon cœur penchait finalement…

 

Mais voilà deux paragraphes que je jacasse pour ne rien dire. Vous suivez toujours ? Bref, ce résumé est vraiment très bien fait car ce livre était tout ce que j’attendais, et même plus.

 

Tout y est : le monde des écrivains dans lequel Maria Cristina plonge très jeune. La fuite du Canada vers la Californie ; d’un climat étouffant à un climat libéré. Le personnage excentrique de Claramunt qui m’intriguait, tout comme le titre en fait, ce qui n’est pas anodin…

 

Je sais qu’il y a pas mal de personnes allergiques aux flashbacks alors que je les adore (j’ai l’impression d’en savoir plus sur l’histoire que je suis en train de lire que je n’aurais dû – même si l’auteur avait très probablement tout planifié, laissez-moi dans mon trip SVP). Il y en a dans ce livre… mais ne partez pas trop vite ! Le livre ne suit pas l’ordre chronologique mais est découpé très clairement en quatre parties ; chacune évoquant soit le passé soit le présent mais pas les deux, du coup, pas de risque de s’emmêler les pinceaux.

 

Je ne vais pas dire que le personnage de Maria Cristina soit particulièrement attachant, cela dépendra du lecteur et de sa capacité à s’identifier à elle. D’emblée, ce qui peut placer une barrière entre le lecteur et elle, c’est l’environnement dans lequel elle a grandi et les conséquences que cela a eu sur son caractère.

 

À cause de ses parents étouffants (un père transparent et une mère bigote qui écrase ce dernier et ses filles), Maria Cristina est éduquée dans la culpabilité. Les romans qu’elle lit et ceux qu’elle écrit en cachette lui donnent des rêves d’émancipation. C’est ainsi (en gros hein, je vous passe les détails, tout est dans le livre) qu’elle se retrouve à partager un appartement avec Joanna à Santa Monica, pleine de culpabilité (encore ce mot) envers sa sœur, et ayant des difficultés à s’intégrer et à voir autrement qu’à travers le filtre de la religion qui lui a toujours été imposé. Ce qui donne à Maria Cristina de l’inspiration pour son roman « La Vilaine Sœur ». Va s’ensuivre une rupture définitive avec sa famille, jusqu’à ce coup de fil de la mère…

 

Maria Cristina est un personnage lourd à porter, mélancolique… mais elle est en tout cas crédible de A à Z, comme tous les personnages. La plupart paraissent antipathiques ou étranges, ce qui confère au livre une ambiance particulière. Véronique Ovaldé a établi un portrait des précis de ses personnages et en nous distillant des petits détails sur eux, elle éveille des choses en nous pour qu’on puisse les rattacher à nous-mêmes ou à des personnes qui nous sont proches. Ce qui fait qu’on y croit, peu importe qu’ils nous plaisent ou non.

 

« Qu’y a-t-il de plus agaçant que les gens qui vous offrent des choses inacceptables, pense Maria Cristina, et qui portent chacun de vos refus systématiquement à votre passif, ces gens qui comptent sur votre politesse  ou votre docilité pour vous faire accepter ce que vous n’avez jamais réclamé. Et accepter fera de vous leur obligé. De quelque côté que votre regard se pose, quelque soit la position que vous adoptez vous voilà piégé. »

 

La fin est jouée d’avance, le narrateur si mystérieux (est-ce l’auteur elle-même ?) nous avait laissé des indices. Mais jusqu’au bout, on est porté par le style à la sonorité si spéciale de l’auteur. Je ne suis pas fan des phrases trop longues. Généralement, elles décrivent le même objet ou paysage pendant des lustres et je suis trop paresseuse que pour imaginer l’objet ou paysage en question aussi fidèlement (laissez-moi rêver, crotte de bique). Ou alors, elles ne veulent tout simplement rien dire. Dans le cas de ce livre, non, ça ne m’a pas semblé être le cas, elles ont beau parfois faire une page entière (!), leur construction colle au mieux aux méandres des pensées du narrateur ou de Maria Cristina. Il y a rarement des dialogues à part entière, généralement ils sont incrustés dans la phrase, ce qui peut paraître déroutant au début mais ne m’a personnellement pas dérangée du tout. Il faut dire que j’ai beaucoup apprécié la manière d’écrire de Véronique Ovaldé, qui sert tout à fait une histoire qu’elle relate (« relate » car on la croirait réelle) d’une plume de maître.

 

« Il dit que le but de toutes ces histoires c'est de satisfaire le désir ardent de celui qui les lit. Pour ce faire il te faut obéir aux lois idéales de la rêverie, aux coïncidences et à l'appétit de correspondance mystérieuse. L'appétit de correspondance mystérieuse. Stevenson disait les choses bien mieux que moi mais je suis sûr que tu comprends de quoi il retourne, ma truite. »

 

Ce roman très intimiste parle des personnes qui sucent la liberté voire la vie de ceux qui les entourent. Ces derniers s’en rendant parfois compte, parfois non ; certains réussissant à échapper à cette emprise, d’autres non. Si le livre est souvent dur, les descriptions ne sont pas crues et jouent davantage sur les sensations que sur les faits. L’auteur privilégie davantage l’odorat et l’ouïe, ainsi que les émotions, par rapport à la vue. Ce qui donne un roman vibrant de sensibilité.

 

Livre lu dans le cadre de l’opération « Les matchs de la rentrée littéraire » organisée par Price Minister.

 

Mon ressenti

16/20

 

La grâce des brigands, de Véronique Ovaldé, éditions de l’Olivier (19,50€)  

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Published by HanaPouletta - dans Books
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commentaires

Ava 26/11/2013 22:04


je reviens relire ta critique à tête reposée. Je ne suis pas trop flashbacks pour ma part quand ils sont si longs. J'ai trouvé la description des émotions un peu trop absente, mais comme tu le
soulignes, j'ai rapproché de moi pas mal d'événements, le conditionnement de l'enfance, un peu Maria-Cristina un destin différent de mon milieu d'origine. 


C'est un livre qui fait réfléchir sur le sens de la vie et comment l'infléchir. 

HanaPouletta 30/11/2013 11:11



C'est vrai que si on n'aime pas les flashbacks, ce livre en contient beaucoup, et des longs ! Mais j'ai trouvé qu'ils ne "perdaient" pas trop le lecteur, même si je suis peut-être influencée par
le fait que, personnellement, j'aime les flashbacks. :)



Ava 25/11/2013 01:17


crotte de bique, tu donnes la même note que moi ! je suis en train de poster ma critique, je l'envoie et je reviendrai te lire plus en détail... 

HanaPouletta 25/11/2013 20:40



Hahaha, j'irai lire ça avec plaisir :D



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