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6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 14:54

La pire mission de ma vie (Also Known As, #1)

 

Présentation de l’éditeur

Maggie Silver a ouvert son premier coffre-fort à 3 ans.

Cela peut sembler étonnant, mais quand on est fille d'espions, c'est assez banal.

A 16 ans, elle décroche enfin sa première mission en solo.

-         Son objectif : accéder à des infos que détiendrait Armand Oliver, journaliste.

-         Sa méthode: se rapprocher de son fils, le dangereusement charmant Jesse.

-         Sa couverture : devenir une lycéenne comme les autres.

-         Le hic: personne ne lui a expliqué comment ne pas tomber amoureuse de sa cible !

 

Mon avis

De Robin Benway, j’avais lu « Comment je suis devenue célèbre (malgré moi) » et « April, May et June ». J’avais adoré le premier, le deuxième ne m’avait pas transportée.

 

J’ai clairement préféré « La pire mission de ma vie » à « April, May et June ». Si on ne peut pas dire que ce roman soit mature, le qualificatif pourrait s’appliquer à son héroïne, Maggie, jeune fille de16 ans qui effectue sa première véritable mission en tant qu’espionne (spécialisée dans l’ouverture des coffres-forts, pour être précise). Pour ce faire, elle doit se rapprocher de Jesse Oliver, dont le père, journaliste, pourrait publier un article qui ruinerait le Collectif, l’organisation pour laquelle Maggie et ses parents travaillent.

 

L’intrigue est très vite balayée par des considérations d’ordre adolescent : Maggie se rapproche de Jesse d’une manière qu’on a vue venir à des kilomètres. Et elle apprend à se faire à cette vie de lycéenne qui ne s’accorde pas avec la politique des espions : on ne s’attarde pas et on ne s’attache pas. Ça bout à l’intérieur de Maggie et, s’il ne s’agit pas d’un thème (réussir à grandir ; à faire ses propres choix et à se détacher de ce qu’on attend de nous) franchement original, l’aborder sur base d’une famille d’espions l’est nettement plus.

 

On n’échappe pas à certains clichés alors que d’autres sont totalement balayés, comme avec le personnage de Roux. Ancienne reine du lycée, elle est destituée à cause d’une histoire de garçon et est reléguée au rang de paria. Elle est un peu fofolle mais pas si superficielle que ça,  et je me suis prise d’affection pour elle. Tous les personnages semblent avoir des problèmes avec leurs parents et on a droit à la traditionnelle confrontation « parents super-aimants » / « parents super-absents » qui veut nous montrer qu’il y a des problèmes des deux côtés.

 

Certains dialogues sont bourrés d’humour (grâce à Roux, encore elle ! Elle est peut-être bien le personnage le plus marquant du livre grâce à son exubérance), d’autres m’ont paru maladroits. Par exemple :

 

« -   Salut, ai-je dit, c’est moi. Tu peux parler ?

-         Non, désolée, j’apprends à tricoter. Evidemment que je peux parler ! De toute façon, l’écarter. Ma vie sociale est proche du zéro absolu. » (p.240)

 

« L’écarter »… ? Un peu obscur… À noter, toutefois, que j’ai lu les épreuves non corrigées du roman, ce genre de phrase va donc peut-être être modifié d’ici à la sortie.

 

Si Maggie est réfléchie et intelligente, cela contraste avec le caractère de Roux, plutôt très fofolle. (Mais pas une « crétine » non plus, comme le dit le père de Maggie à un moment, pour plaisanter certes, mais j’ai trouvé ça un peu fort pour parler d’une amie de sa fille tout à fait respectable et sympathique devant sa fille.) Pour autant, il ne s’agit pas d’opposer deux personnages pour que chaque lecteur y trouve son compte. Toutes les deux ont du franc-parler et c’est ce qui va les rapprocher. Par rapport à elles, deux personnages forts, Jesse peut sembler trop lisse, il est mignon, sans plus. Je me sens un peu coupable de dire ça, parce que j’ai bien aimé son personnage, mais je ne pense pas qu’il me marquera longtemps…

 

Dans l’ensemble, malgré quelques maladresses, ce livre est une lecture légère, pas prise de tête pour un sou, et bienvenue quand on a besoin de se détendre. L’intrigue s’enrichit un peu vers la fin mais ça reste relativement simple. Le roman offre aussi quelques balades sympathiques dans New York, ses rues et ses parcs.

 

« La pire mission de ma vie » est un roman « de lycée » déguisé, qui plaira aux amateurs du genre, avec son romantisme adolescent, de l’amitié, des problèmes relationnels avec les parents, mais un ingrédient supplémentaire non négligeable : une petite dose d’inédit avec l’aspect espionnage. Il faut prendre celui-ci comme un bonus et ne pas lire ce livre en ayant en tête qu’on va lire un roman d’espionnage, car ce n’est pas le cas, ce qui ne veut pas forcément dire qu’il s’agit d’un handicap.

 

Mon ressenti

8/10

 

La pire mission de ma vie, tome 1, de Robin Benway, éditions Nathan (15,90€)

 

Le livre sortira le 16 janvier.

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1 décembre 2013 7 01 /12 /décembre /2013 14:55

L'Odyssée

 

Présentation de l’éditeur

Voilà plusieurs années que la guerre de Troie s'est achevée, mais Ulysse le rusé n'est toujours pas rentré chez lui à Ithaque, auprès de sa femme et de son fils. Qu'est-il advenu de lui ?
Alors que dans son palais, les prétendants complotent pour prendre le pouvoir, Ulysse vit mille aventures en traversant la Méditerranée. Il combat le Cyclope, rencontre les sirènes, se retrouve chez la magicienne Circé qui transforme les hommes en porcs… Parviendra-t-il à surmonter tous ces dangers et à rentrer chez lui récupérer son trône ?

 

Mon avis

Il y a quelques mois, j’avais lu un autre bel ouvrage de cette collection : « Les contes de mille et une nuit », adaptés par Gudule. J’avais adoré.

 

« L’Odyssée » m’a beaucoup plus mais m’a paru moins bien adapté à des enfants. Le style très riche sera probablement indigeste pour les plus jeunes lecteurs. Cela aurait pu passer s’il n’y avait pas tous ces retours en arrière dans l’histoire, qui contribuent à perdre le jeune lecteur en cours de route. (Et j’ai testé sur mon frère.)

 

Cependant, cela n’enlève rien à la beauté du récit. J’ai bien conscience que cette adaptation est un résumé très, très condensé de « L’Odyssée », mais cela ne m’a aucunement dérangée. Il faut voir dans l’autre sens, bien sûr, mais les magnifiques illustrations de François Roca en valent la peine. J’ai « L’Illiade » dans ma PAL et j’ai bien envie de m’y plonger un de ces jours…

 

Cette collection en général constitue selon moi un vrai trésor. Mais d’un livre à l’autre, le public touché sera plus ou moins étendu.

 

Mon ressenti

3/5

 

L’Odyssée, de Jean Martin, d’après Homère,  illustrations de François Roca , éditions Nathan (17,50€)

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29 novembre 2013 5 29 /11 /novembre /2013 20:20

Mais qui cela peut-il être à cette heure? (Les fausses bonnes questions de Lemony Snicket, #1)

 

Présentation de l’éditeur

Le jeune Lemony Snicket vient d'être recruté comme stagiaire par S. Theodora Markson, pire détective de la région. Sa première mission le mène dans l'étrange ville de Salencres-sur-Mer. S. Theodora Markson, malgré ses méthodes catastrophiques, est chargée de retrouver une statue mystérieusement disparue... Qui l'aurait volée ? Mais est-ce vraiment la bonne question ? Or des questions, Lemony va s'en poser de plus en plus - hélas jamais les bonnes... 

 

Mon avis

Pour être honnête, je ne raffole pas des romans policier, mais la prose de Lemony Snicket pourrait me faire lire à peu près n’importe quoi.

 

Par ailleurs, j’apprécie beaucoup le fait que Rose-Marie Vassalo soit la traductrice « attitrée » de Lemony Snicket. (Et, entre parenthèses, je me rappelle avoir toujours adoré sa présentation à la fin des « Désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire.) Car l’auteur a vraiment une « patte » et cela contribue au fait qu’on la retrouve dans chacun de ses livres traduits.

 

Comme dans ses autres romans, la narration est très particulière. Le narrateur, ici Lemony Snicket lui-même, à l’âge de 13 ans, s’adresse directement au lecteur à maintes reprises.

 

Bien sûr, à partir d’un certain âge, on se doute que l’histoire n’est pas réellement arrivée à Lemony Snicket. On sait peut-être aussi qu’il s’agit en fait du pseudonyme de Daniel Handler. Mais chut. Mieux vaut se sentir encore assez jeune lecteur pour se faire la réflexion que, si on avait lu ce livre étant enfant, on se serait sûrement posé la question de savoir si l’histoire était réelle ou pas…

 

Quant aux dessins rétro de Seth, je ne leur ferai qu’un seul reproche : ils auraient dû être présent toutes les deux pages. Au minimum.

 

Entre le personnage de Theodora, persuadée d’être une détective de talent alors que ses méthodes prêtent plus à sourire qu’autre chose et l’authentique mystère que dissimule Lemony dans sa ville d’origine, l’équilibre est parfait, et le livre détend, surprend, ravit. L’ambiance est différente de celle des « Orphelins Baudelaire », mais on retrouve le même genre de « non sens » poétique dans la ville de Salencres-sur-mer et dans la statue de la Bête Bombinante.

 

Pour finir, quelques passages pour le plaisir :

 

« À en croire l’horloge sur la cheminée, il était près de deux heures du matin. Ellington me regarda et prononça la question imprimée sur la couverture de ce livre. » (p.139)

 

« Pour localiser la provenance d’un cri, il existe une méthode très simple. Un, prendre une feuille de papier blanc et un crayon à papier bien taillé. Deux, tracer neuf rangées de quatorze carrés alignés. Trois, envoyer valser cette feuille de papier e se ruer à la recherche de la personne qui crie – vous croyez que c’est le moment de perdre votre temps avec du papier ? » (p.165)

 

« Tout ça me rappelle un livre que me lisait mon père, une histoire d’elfes, de nains et autres créatures, lancés dans une grande guerre à cause d’une espèce d’anneau que tout le monde convoite et que personne ne peut porter. » (p.231)

 

Un seul regret : que le livre ne sorte pas avant les fêtes, il aurait constitué un cadeau de Noël parfait ! Lemony Snicket peut vraiment donner le goût de la lecture aux enfants, et je pense d’ailleurs qu’il a contribué au mien.

 

Mon ressenti

9/10

 

Les fausses bonnes questions de Lemony Snicket, tome 1 : Mais qui cela peut-il être à cette heure ?, de Lemony Snicket, éditions Nathan (15,90€)

 

Le livre sortira le 2 janvier.

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25 novembre 2013 1 25 /11 /novembre /2013 20:28

Je suis un phénomène

 

Présentation de l’éditeur

Il y a cinq choses dont Faye Noman est certaine :

1)      Sa mère n'a pas pris la peine de prononcer son nom à voix haute avant de l'inscrire au registre des naissances.

2)      Ce problème serait moins important si elle ne mesurait pas déjà presque 1,80 m à seulement 12 ans.  

3)      Moins important, aussi, si sa mère ne s'obstinait pas à s'habiller comme une hippie et pouvait lui donner une réponse claire sur l'identité de son père.

4)      Moins important, encore, si parler à quelqu'un de son âge ne lui semblait pas une tâche insurmontable.

5)      Moins important, enfin, si elle savait qu’il existe un endroit sur cette terre où elle pourrait se sentir chez elle...

Cet endroit, Faye espère l'avoir trouvé le jour où elle invitée à passer un week-end dans un camping, pour une grande réunion organisée par la famille de son père... Elle y découvrira que les principes d'éducation rien moins qu'originaux qu'a appliqués son excentrique de mère ont certains avantages, entre autres de lui avoir donné un esprit d'indépendance et la faculté de prendre des décisions.

 

Mon avis

Le livre étant publié dans la collection Tertio des éditions Alice, je suis assez surprise qu’il soit aussi orienté « jeunesse » ! Surprise ne voulant pas dire déçue, car ce que ce livre représente pour moi, c’est une très belle surprise.

 

Je décrirais avant tout « Je suis un phénomène » comme original. Je n’avais rien lu de semblable, le livre sort des sentiers battu… un peu comme Faye. Jeune fille de 12 ans mesurant déjà près d’1m80 (je reviens, je vais me cacher), Faye a du mal à se lier avec les autres jeunes de son âge, la seule amie de Faye étant Pénélope, 10 ans, une fillette que tout le monde aime. C’est pour ça que son gâteau d’anniversaire maternel l’enchante : sa mère la libère de l’obligation scolaire.

 

Mais, et cela est fort représentatif du caractère laxiste de Donatella, les choses ne sont pas aussi faciles et on ne fait pas devenir son enfant autodidacte en deux minutes avec un gros bouquin obscur destiné à cet usage. Faye pense de plus en plus avoir été adoptée. C’est vrai, qu’a-t-elle en commun, à n’importe quel niveau, avec sa famille maternelle ? Mais l’arrivée d’une lettre l’invitant à rencontrer l’autre pan de sa famille, jusque là inconnu, va changer la donne…

 

La traduction du nom de Faye m’a fait un peu bizarre au début parce que j’avais lu le titre VO au début du livre et que j’avais compris le jeu de mot alors que celui en français me passait au-dessus de la tête. La méprise par rapport à la prononciation m’a un peu laissé dubitative. Je me suis directement mis à prononcer « Faye Noman » « Féé Nomane » alors qu’il fallait y lire « Féé Nomène », d’où le titre. Mis à part cela, j’ai trouvé que c’était bien trouvé car pas évident à rendre en français, le titre VO étant « I, Emma Freke » (I am a freak). [De même, je m’interroge : pourquoi avoir changé le z du prénom de l’auteur en s ? J’ai choisi d’utiliser l’orthographe originale en titre de cet article.]

 

Ce livre est plein de personnages excentriques et raconte l’histoire d’une famille peu banale. Le côté un peu sectaire de cette famille hyper soudée et organisée m’a perturbée, avec un regard pas beaucoup plus adulte, cela peut donner cette impression mais ça ne m’a pas semblé être le but de l’auteur. La famille Nomane est ce qu’elle est, vous verrez, et il n’y a en fait rien de malsain ! J’ai avant tout adoré Clep, Faye et la personnalité atypique de cette dernière. Faye est à la fois mature et responsable, et à la traîne par rapport aux centres d’intérêts habituels des jeunes de son âge.

 

Un très joli roman sur la famille, sur les doutes qu’on rencontre à l’entrée de l’adolescence et sur les choix qui s’offrent à nous. Si le livre touchera avant tout un public jeune, il est si bien construit que les plus grands devraient être charmés par Faye et trouver leur bonheur dans « Je suis un phénomène »…

 

Mon ressenti

8,5/10

 

Je suis un phénomène, d’Elizabeth Atkinson, Alice éditions, collection Tertio (14,50€)

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25 novembre 2013 1 25 /11 /novembre /2013 18:46

Jillian Larkin - Cabaret Tome 1 : Ingénue.

 

Présentation de l’éditeur

Gloria, dix-sept ans, rêve de vivre la nuit, de danser, de faire la fête. Un soir, elle sort en cachette, en compagnie de son ami Marcus, et se rend dans un bar clandestin, tenu par le bras droit d'Al Capone. Elle y rencontre Jerome, le pianiste de l'orchestre et en tombe amoureuse. Mais leur histoire est impossible : Gloria est blanche, Jerome est noir et, dans cette Amérique des années 1920, les relations mixtes sont interdites...
De plus, Gloria est fiancée et va bientôt épouser le fils d'une puissante famille de Chicago. Sa cousine Clara arrive de New York pour aider aux préparatifs du mariage. Et Marcus tombe sous son charme. Mais Lorraine, la meilleure amie de Gloria, ne le supporte pas, et semble prête à tout pour conduire Clara à sa perte...

 

Mon avis

Rien qu’en lisant la quatrième de couverture, je sentais l’ambiance du roman palpable, et je mourais d’envie de plonger dedans !

 

Effectivement, c’est ce que j’ai préféré dans ce premier tome de la série « Cabaret ». En plus de la dimension spatiale (l’histoire prend place à Chicago), on se sent « dépaysé(e) » par l’époque, l’action d’« Ingénue » se déroulant en 1920, à l’époque de la prohibition, où l’alcool est interdit et les bars clandestins fleurissants, peuplés de mafieux et des fameuses garçonnes…

 

Mais à la lecture du résumé ainsi qu’au vu du singulier du titre, je ne m’attendais pas à ce que le terme d’« Ingénue » s’applique en fait à trois narratrices : Gloria, Lorraine et Clara. Trois jeunes filles très différentes les unes des autres mais se partageant la tête d’affiche du livre, Gloria dépassant les deux autres d’un cheveu à peine. Leurs histoires se recoupent, entre liens familiaux et d’amitié, se défaisant au même rythme et les menant finalement à un destin commun qui nous promet un deuxième tome palpitant.

 

Certaines des héroïnes paraîtront plus attachantes que d’autres, mais même la moins sympathique m’a touchée par sa fragilité. Les personnages masculins sont assez effacés derrière elles alors que, paradoxalement, ils constituent une part importante de l’intrigue et des tensions de l’histoire. Car si les histoires d’amour constituent l’élément central du livre et le moteur de plein de problèmes que rencontres les héroïnes, le roman est surtout porté par son ambiance et les caractères affirmés de Gloria, Lorraine et Clara. Peut-être que certains ne trouveront ces histoires d’amour pas assez creusées ? Mais ce ne fut pas mon cas. Je pense aussi que la donne va changer dans le tome suivant, ces histoires ont un gros potentiel romantique ! :-) Mais au-delà de ça, j’imagine le prochain tome très tendu et rythmé.

 

Le livre se lit très agréablement et l’ambiance est vraiment décrite à la perfection (d’autant que je puisse en juger, n’ayant pas vécu à cette époque ;-)). J’ai été emportée et « Ingénue » m’a donné envie de lire plus de livres se passant à la même époque. Il y a même une piste de réflexion sur la ségrégation raciale, même si le livre se veut avant tout l’histoire du destin de trois jeunes filles avec une bonne dose de romance.

 

Mon ressenti

9/10

 

Cabaret, tome 1 : Ingénue, de Jillian Larkin, éditions Bayard jeunesse (16,90€)

 

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16 novembre 2013 6 16 /11 /novembre /2013 12:24

Le journal de Philol

 

Présentation de l’éditeur

Pour son quinzième anniversaire, Philomène, dite Philol, reçoit en cadeau de sa mère un journal intime. Ringard ? Pas tant que ça. Raconter sa vie et celle des autres, c’est un véritable plaisir, surtout quand les événements se bousculent au lycée comme à la maison.

 

Mon avis

Philol (de son vrai prénom Philomène, raccourci par un lapsus de sa meilleure amie) est une jeune fille de 15 ans tout ce qui a plus de normale. Aussi, quand sa mère lui offre un journal intime, elle se demande ce qu’elle pourrait bien y écrire, d’autant plus qu’elle a déjà un blog…

 

Pourtant, Philol se prend au jeu. Et découvre que, finalement, l’aspirante future journaliste qu’elle est a des choses à raconter. Car même une routine de lycéenne peut ne pas être de tout repos, et parce que consigner tout cela lui fait du bien.

 

Le lecteur suit donc son quotidien pendant un an sous forme de courts chapitres. Philol a une petite manie : le jeu des 7 choses. Elle ponctue ses comptes-rendus de certains exemples : « les 7 commandements du fainéant » ; « les 7 commandements du blogueur », « 7 bonnes raisons de lire », etc. ainsi que de ses trouvailles sur le web (la prière du lycéen est excellente !). Elle entrecoupe aussi son journal de parenthèses sur un thème ou l’autre, ce qui permet au lecteur de situer plus clairement des personnes ou des faits.

 

Dans la forme donc, le livre est très attractif. Pour le fond par contre, j’ai parfois tiqué. J’ai trouvé que l’auteur généralisait un peu trop les blogs en se focalisant sur les skyblogs. Or, je dois personnellement avouer que je ne suis plus trop fans de Skyblog (devenu Skyrock, en plus) parce que les excellents blogs (qui, attention, sont bien présents, je ne veux pas qu’on me méprenne !) hébergés sur cette plateforme sont noyés dans une masse de blogs personnels sans intérêt et engraissés au langage sms et aux photos vulgaires.

 

Heureusement, Yaël Hassan se rattrape à ce sujet à la fin du livre, qui m’a particulièrement plu et m’a laissé un sourire aux lèvres, notamment quand Philol parle de sa « PAL ». Ce n’est donc pas ça qui m’a dérangée le plus.

 

Ce serait plutôt le fait que je ne suis pas 100% en accord avec le portrait que l’auteur dresse des jeunes. Pour moi, les jeunes de ce roman sont dans un entre-deux peu, entre ados modèles et ados sorteurs, il y a de vraies incompatibilités entre certains personnages, quelques clichés et, surtout, le langage « jeune » utilisé sonne parfois très faux.

 

C’est pourquoi je préfère quand les narratrices de Yaël Hassan sont de plus jeunes filles comme dans « La fille qui n’aimait pas les fins » que j’avais adoré.

 

C’est dommage parce que les thèmes abordés sont certes, les mêmes que d’habitude, mais bien ceux qui parlent aux ados. Ici, l’accent est particulièrement mis en avant sur le divorce des parents (et les familles recomposées) et sur le harcèlement scolaire, deux thèmes qui me sont chers et qui sont très bien utilisés ici. Au départ, le livre ne se compose « que » des confidences de Philol et, au fur et à mesure, une (modeste) intrigue vient s’ajouter sans tomber comme un cheveu dans la soupe.

 

En quelques mots, si je ne suis pas satisfaite du portrait des adolescents qu’a peint Yaël Hassan, « Le journal de Philol » reste un agréable moment de lecture que je conseille à ceux qui aiment les récits sous forme de journal intime.

 

Mon ressenti

7,5/10

 

Le journal de Philol, de Yaël Hassan, éditions Le Livre de Poche jeunesse (5,90€)

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16 novembre 2013 6 16 /11 /novembre /2013 10:08

On the Island (On the Island, #1)

 

Présentation de l’éditeur

When thirty-year-old English teacher Anna Emerson is offered a job tutoring T.J. Callahan at his family's summer rental in the Maldives, she accepts without hesitation; a working vacation on a tropical island trumps the library any day.

T.J. Callahan has no desire to leave town, not that anyone asked him. He's almost seventeen and if having cancer wasn't bad enough, now he has to spend his first summer in remission with his family - and a stack of overdue assignments - instead of his friends.

Anna and T.J. are en route to join T.J.'s family in the Maldives when the pilot of their seaplane suffers a fatal heart attack and crash-lands in the Indian Ocean. Adrift in shark-infested waters, their life jackets keep them afloat until they make it to the shore of an uninhabited island. Now Anna and T.J. just want to survive and they must work together to obtain water, food, fire, and shelter.

Their basic needs might be met but as the days turn to weeks, and then months, the castaways encounter plenty of other obstacles, including violent tropical storms, the many dangers lurking in the sea, and the possibility that T.J.'s cancer could return. As T.J. celebrates yet another birthday on the island, Anna begins to wonder if the biggest challenge of all might be living with a boy who is gradually becoming a man.

 

Traduction (réalisée par mes soins)

Quand Anna Emerson, 31 ans, se voit proposer de devenir le professeur particulier de T.J. Callahan lors des vacances de la famille Callahan dans leur résidence aux Maldives, elle accepte sans aucune hésitation. Un travail de vacances sur une île tropicale bat la perspective de traîner à la bibliothèque tout la journée à plate couture.

T.J. Callahan, lui, n’a aucune envie de quitter sa ville, et ce n’est pas comme si on lui avait laissé le choix. À presque 17 ans, comme si avoir le cancer n’était pas assez, il doit maintenant passer tout son premier été depuis sa guérison avec sa famille – et une pile de devoirs de vacances – à la place de ses amis.


Anna et T.J. sont en route pour rejoindre la famille de T.J. aux Maldives quand le pilote de leur hydravion fait un arrêt cardiaque et se crache au milieu de l’océan Indien. Dérivant dans des eaux infestées de requins, leurs gilets de sauvetage seuls leur permettant de flotter, ils finissent par atteindre le rivage d’une île déserte. À partir de maintenant, tout ce que veulent Anna et T.J. est survivre, et ils doivent s’entraider mutuellement pour obtenir de l’eau, du feu et de quoi s’abriter.

Leurs besoins élémentaires ont beau être remplis, tandis que les jours se transforment en semaines puis en mois, les naufragés rencontrent plein d’obstacles, des tempêtes tropicales et des nombreux dangers tapis dans la mer à la possibilité que le cancer de T.J. ne revienne. Et alors que T.J. fête à nouveau un de ses anniversaire sur l’île, Anna commence à se demander si son plus grand défi sur l’île ne serait pas de vivre avec un garçon en train de devenir un homme…

 

Mon avis

Encore plus que l’histoire d’amour peu banale (T.J. a 17 ans et Anna 31), c’était tout l’aspect « naufragés sur une île déserte » qui m’attirait au départ, mais je ne suis pas certaine que ce fut ce premier point qui m’a fait aimer ce livre.

 

Contrairement à ce qui était annoncé en début de livre, non, je n’ai pas été captivée dès les premières pages. Je m’ennuyais un peu à vrai dire. L’auteur réussit à ce qu’on ne tourne pas en rond, ce qui était très risqué (pour rappel Anna et T.J. se retrouvent coincés sur une île déserte après un crash d’avion) mais peut-être que les rebondissements qu’elle apporte sont peut-être un peu trop gros pour qu’on les avale sans broncher. Ce n’est pas le cas de tous, heureusement, car une vie sans contrariété sur une île déserte aurait été encore plus improbable. En fait il y a deux choses qui m’ont chiffonnée : le passage avec le requin. Comme quand je lis j’aime commenter à voix haute, je me suis exclamée « oh non, elle va se faire manger par un requin ! » du coup, un peu après, mon frère m’a demandé ce qu’il s’était passé et quand je le lui ai raconté je me suis rendu compte du ridicule de la situation. Ne lisez pas ce qui suit si vous ne voulez pas savoir ce qu’il se passe dans cette scène. :-) [ATTENTION SPOILER] Quand les dauphins sont venus aider T.J. et Anna à attirer le requin sur la plage, j’avais l’impression d’être dans un film de Disney. Sauf que dans Disney les dauphins auraient probablement parlé et que, au final, tout mis à bout, ça n’aurait pas semblé complètement improbable. [FIN DU SPOILER]

 

La deuxième chose qui m’a chiffonnée est la capacité de T.J. et Anna à faire durer un tube de dentifrice deux ans. Je pense que même en ne se brossant les dents une fois par semaine, c’est un peu compliqué. Je devrais peut-être suggérer à ma prof de math de créer un problème à partir de cette situation étant donné que de toute façon j’attends le corrigé pour avoir la réponse, ce qui signifierait que je saurais si c’est possible ou pas ET que je ne devrais pas me fouler pour cela.

 

Je suppose que certains d’entre vous qui n’auraient pas lu le livre sont en train de se demander si, par hasard, des tubes de dentifrice pousseraient sur les arbres de certaines îles au large de l’océan indien (je ne viens absolument pas de regarder sur une carte où se situaient les Maldives pour vous dire ceci). Et bien, j’ai le regret de vous annoncer que non. Il s’agit tout simplement de la valise d’Anna qui s’est retrouvée échouée sur la plage où se trouvaient les deux naufragés. Je n’oserais pas dire si c’est probable ou non parce que je n’y connais rien,  mais j’ai trouvé que c’était un procédé habile de l’auteur pour faire en sorte que ses deux personnages aient un semblant d’hygiène lorsque, eh bien, les choses commencent à changer entre eux (ce n’est pas un spoiler, c’est dans le résumé). 

 

Pour autant, la restriction en matière d'outils et cosmétiques modernes fait que T.J. et Anna n’échappent pas aux aspects les moins reluisants de la vie de naufragés façon Koh Lanta (mais sans riz et sans totem d’immunité). J’ai bien aimé leur lutte pour leur survie, même si comme je vous l’ai déjà dit, j’ai tiqué sur certaines choses. Mais comme je l’ai déjà dit aussi, j’ai préféré la deuxième partie du livre. Le prochain paragraphe sera tout en spoiler, je déteste ça mais là je ne peux pas y échapper.

 

[ATTENTION SPOILERS] Je pense que j’ai préféré le retour de T.J. et Anna à la civilisation. C’est difficile à dire, autant j’aimais l’ambiance sur l’île, pour autant qu’on puisse aimer se sentir « prisonnier/ère », autant le retour à Chicago m’a semblé plus abouti. D’une part, je me suis sentie presqu’aussi chamboulée que les héros lorsqu’ils ont mis pied à terre. D’autre part, lorsque les médias s’emparent de leur histoire, il est intéressant de voir comment ils y font face. Est-ce que leur histoire d’amour peut continuer en-dehors de l’île, malgré les années qui les séparent et les ragots ? Je glisserai aussi ici n petit mot sur le contexte temporel. Le livre s’étale sur plusieurs années, qui semblent s’écouler pour le lecteur à une vitesse folle contrairement à ce que ça a pu être pour T.J. et Anna. C’est un peu perturbant et c’est pour ça que je le dis, mais les indications temporelles sont très claires et, surtout, je n’aurais pas aimé que l’auteur livre plein de détails pour faire du remplissage. [FIN DU SPOILER]

 

Je tire mon chapeau à Tracey Garvis Graves pour toutes ses descriptions qui, même à travers le filtre de l’anglais, ont réussi à me toucher et à me sentir telle une véritable naufragée. Par exemple, si un personnage se retrouve la tête sous l’eau ou se blesse, je le ressentais comme si c'était de moi qu'il s'agissait.

 

L’histoire d’amour est l’élément central du livre et sa meilleure réussite. L’auteur a réussi à en montrer une évolution logique et délicate ; à en montrer les bons comme les mauvais aspects. Je pense que la différence d’âge peut faire peur à beaucoup de lecteurs, je ne le craignais personnellement pas vraiment mais je pense pouvoir vous rassurer. Même si on ne peut pas occulter complètement ce qui sépare Anna et T.J., on  se surprend à l’oublier quand même de temps en temps.

 

En ce qui concerne la fin, je ne suis pas une grande fan de ce genre d’épilogue. Mais je ne voyais pas vraiment de conclusion alternative donc je ne boude pas mon plaisir.

 

Mon ressenti

8,75/10

 

On the Island, de Tracey Garvis Graves, Penguin Books, Fiction (environ 7€)  

Aussi disponible en version française et grand format (« Une île ») aux éditions Milady (15,20€).


Une île

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9 novembre 2013 6 09 /11 /novembre /2013 23:25

La mafia du chocolat (La mafia du chocolat , #1)

 

Présentation de l’éditeur

Le chocolat et le café sont illégaux.

Le crime et la corruption font rage à New York.

Et Anya Balanchine aurait dû se méfier de son ex-petit ami.

 

La fille chérie du défunt parrain du chocolat n’a que faire de son héritage. Pour elle, la vie doit être une routine absolue. Aller au lycée, prendre soin de son frère adoré et de sa grand-mère mourante. Et surtout, éviter Gable, parfait loser et ex-petit ami. Oui, tout allait bien jusqu’à ce que cet imbécile de Gable soit empoisonné par le chocolat issu de la fabrique illégale des Balanchine. Que la police la croie coupable, passe encore. Qu’elle se retrouve à la une des journaux télévisés, inévitable. Qu’on la harcèle au lycée en la traitant de criminelle, d’accord. Mais voir revenir dans sa vie sa famille mafieuse au complet est le pire des châtiments. Anya se demande si elle ne va pas devoir renoncer aux cours et sortir son revolver, histoire de mettre de l’ordre dans les affaires…

 

Mon avis

Ce roman bouscule tous les codes. Souvent présenté comme une dystopie, il n’en a pourtant que l’aspect futuriste. Certes, l’action prend place dans un avenir pas franchement radieux, à New York où le chocolat, le café et le papier sont interdits. Brrrrrr.

 

Mais il n’y a pas de guerres où de conflits violents comme on en trouve dans la plupart des dystopies. De plus, l’aspect politique n’est pas hyper développé (même si ça aurait pu être intéressant et que je pense que ça viendra dans les tomes à venir) et il n’y pas de passages qui retournent l’estomac comme on en trouve bien souvent dans le genre. Par contre, il y a des « luttes intestines » (si vous ne savez pas ce que ça veut dire, Anya non plus n’en savait rien, moi non plus, et ça n’a rien à voir avec une indigestion de chocolat, on en découvre le sens dans le bouquin – ou grâce à un dico, bien sûr) car Anya est l’héritière de la famille Balanchine. À cause du caractère illégal du chocolat, l’industrie familiale baigne dans les affaires douteuses. Il n’est donc pas étonnant qu’Anya cherche à se tenir le plus éloignée possible de ce rôle, d’autant plus que c’est suite à ça que son père a été assassiné. Des années auparavant, c’était sa mère qui avait succombé à un accident visant son père. Cet attentat a également laissé des séquelles à son frère, Leo.

 

Anya s’occupe de sa famille, soit Natty, sa sœur, et Leo cité ci-dessus. Galina, sa grand-mère, est mourante et uniquement tenue en vie en attendant la majorité d’Anya, afin que celle-ci puisse devenir la tutrice légale de sa petite sœur. Leo a beau être plus âgé, apte à se débrouiller et une vraie crème, les conséquences de l’accident pourraient jouer en sa défaveur si les services sociaux se penchaient sur le cas de la famille Balanchine.

 

Anya est très dure envers elle-même, souvent prise de culpabilité. Elle prend son rôle de sœur très à cœur et est prête à tout sacrifier pour Natty et Leo. Elle est aussi une catholique fervente, cela pourrait rebuter certains lecteurs, mais sa foi fait partie du personnage et de sa personnalité. Je n’imagine pas le livre sans cet aspect, qui n’est par ailleurs ni une ode à la religion ni un prétexte pour la démonter. Anya est aussi très intègre, honnête, franche, et digne, même dans les pires moments. Vous l’aurez compris, je fais partie du fan-club d’Anya. Ce n’est pas le genre d’héroïne kick-ass hyper douée au combat – même si elle sait se servir d’une arme si besoin – elle est surtout forte mentalement, et le reste suit. Il est agréable de l’avoir pour narratrice et pour guide dans ce New York de 2083.

 

Je vous ai parlé de la grand-mère mourante d’Anya. Et bien, l’auteur a eu la bonne idée de donner son année de naissance, ni vu ni connu : 1995. Ahem. Ca fait réfléchir. Surtout quand elle explique à Anya la signification de « OMG » parce que « de son temps, on s’exprimait par abréviations »… J’ai eu un petit choc en lisant ce passage-là. :-)

 

On n’est pas entièrement dans l’enquête policière ni dans le thriller, mais il y a tout de même une vraie intrigue et des rebondissements. Le tout accompagné d’une bonne louche de romance à la sauce « amour interdit », la mièvrerie en moins car on comprend les enjeux derrière l’interdit de cette relation.

 

Si Scarlet, la meilleure amie d’Anya (j’ai aimé la manière dont l’auteur joue avec le cliché de la blonde écervelée, parce que Scarlet est tellement plus que ça) tient le rôle féminin principal dans la pièce du lycée « Hamlet », je vois parfaitement bien Win (qui semble incarner le petit ami parfait mais dont on sent qu’il est plus que ça, sous l’aura de mystère qui l’entoure) et Anya en Roméo et Juliette.

 

J’ai aimé l’esprit très pragmatique d’Anya, tout ce que lui a appris son père et qu’elle met en application. Elle ne se comporte presque pas en jeune fille écervelée. Presque parce que, quand il est question d’être amoureuses, les héroïnes des livres jeunesse (et elles ne sont peut-être pas les seules, en fait) ont tendance à devenir un peu bêbêtes parfois, n’est-ce pas ? Mais elle est la première à s’en moquer et, jusqu’au bout, elle reste un personnage cohérent. J’ai beaucoup apprécié ce livre construit comme un roman contemporain mais se déroulant dans le futur (et un futur pas si éloigné que ça). Seul bémol : il s’agit d’un premier tome qui laisse vraiment, vraiment… sur sa faim.

 

Mon ressenti

9/10


La mafia du chocolat, tome 1, de Gabrielle Zevin, éditions Albin Michel, collection Wiz (16€)  

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8 novembre 2013 5 08 /11 /novembre /2013 18:55

La Grâce des brigands

 

Présentation de l’éditeur

Quand Maria Cristina Väätonen reçoit un appel téléphonique de sa mère, dont elle est sans nouvelles depuis des années, l'ordre qu'elle avait cru installer dans sa vie s'en trouve bouleversé. Celle-ci lui demande instamment de venir chercher pour l'adopter Peeleete, le fils de sa sœur. Nous sommes en juin 1989, Maria Cristina vit avec son amie Joanne à Santa Monica (Los Angeles). Cela fait vingt ans qu’elle a quitté Lapérouse, et son univers archaïque pour la lumière de la ville et l'esprit libertaire de la Californie des années 70.
Elle n'est plus la jeune fille contrainte de résister au silence taciturne d'un père, à la folie d'une mère et à la jalousie d'une sœur. Elle n'est plus non plus l'amante de Rafael Claramunt, un écrivain/mentor qu'elle voit de temps à autre et qui est toujours escorté par un homme au nom d'emprunt, Judy Garland. Encouragée par le succès de son premier roman, elle est déterminée à placer l'écriture au cœur de son existence, être une écrivaine et une femme libre.
Quitte à composer avec la grâce des brigands.

 

Mon avis

Ce qui m’a attirée vers ce livre, ce n’est pas sa couverture ni particulièrement belle, ni tout à fait moche. Banale, en somme. Ce n’est pas non plus son titre, vaguement intrigant mais pas du tout révélateur de ce que l’on s’apprête à lire. C’est tout simplement son résumé, ce qui est censé (et j’insiste sur le censé) vraiment retenir notre attention lorsqu’on choisit un livre.

 

Ce ne sont donc pas non plus les divers avis que j’aurais pu lire ce livre – j’en ai en fait lu après l’avoir choisi pour les matchs de la rentrée littéraire organisés par Price Minister – tout simplement parce que son résumé m’avait vraiment tapé dans l’œil et que, même si plusieurs titres m’attiraient, c’était vers celui que mon cœur penchait finalement…

 

Mais voilà deux paragraphes que je jacasse pour ne rien dire. Vous suivez toujours ? Bref, ce résumé est vraiment très bien fait car ce livre était tout ce que j’attendais, et même plus.

 

Tout y est : le monde des écrivains dans lequel Maria Cristina plonge très jeune. La fuite du Canada vers la Californie ; d’un climat étouffant à un climat libéré. Le personnage excentrique de Claramunt qui m’intriguait, tout comme le titre en fait, ce qui n’est pas anodin…

 

Je sais qu’il y a pas mal de personnes allergiques aux flashbacks alors que je les adore (j’ai l’impression d’en savoir plus sur l’histoire que je suis en train de lire que je n’aurais dû – même si l’auteur avait très probablement tout planifié, laissez-moi dans mon trip SVP). Il y en a dans ce livre… mais ne partez pas trop vite ! Le livre ne suit pas l’ordre chronologique mais est découpé très clairement en quatre parties ; chacune évoquant soit le passé soit le présent mais pas les deux, du coup, pas de risque de s’emmêler les pinceaux.

 

Je ne vais pas dire que le personnage de Maria Cristina soit particulièrement attachant, cela dépendra du lecteur et de sa capacité à s’identifier à elle. D’emblée, ce qui peut placer une barrière entre le lecteur et elle, c’est l’environnement dans lequel elle a grandi et les conséquences que cela a eu sur son caractère.

 

À cause de ses parents étouffants (un père transparent et une mère bigote qui écrase ce dernier et ses filles), Maria Cristina est éduquée dans la culpabilité. Les romans qu’elle lit et ceux qu’elle écrit en cachette lui donnent des rêves d’émancipation. C’est ainsi (en gros hein, je vous passe les détails, tout est dans le livre) qu’elle se retrouve à partager un appartement avec Joanna à Santa Monica, pleine de culpabilité (encore ce mot) envers sa sœur, et ayant des difficultés à s’intégrer et à voir autrement qu’à travers le filtre de la religion qui lui a toujours été imposé. Ce qui donne à Maria Cristina de l’inspiration pour son roman « La Vilaine Sœur ». Va s’ensuivre une rupture définitive avec sa famille, jusqu’à ce coup de fil de la mère…

 

Maria Cristina est un personnage lourd à porter, mélancolique… mais elle est en tout cas crédible de A à Z, comme tous les personnages. La plupart paraissent antipathiques ou étranges, ce qui confère au livre une ambiance particulière. Véronique Ovaldé a établi un portrait des précis de ses personnages et en nous distillant des petits détails sur eux, elle éveille des choses en nous pour qu’on puisse les rattacher à nous-mêmes ou à des personnes qui nous sont proches. Ce qui fait qu’on y croit, peu importe qu’ils nous plaisent ou non.

 

« Qu’y a-t-il de plus agaçant que les gens qui vous offrent des choses inacceptables, pense Maria Cristina, et qui portent chacun de vos refus systématiquement à votre passif, ces gens qui comptent sur votre politesse  ou votre docilité pour vous faire accepter ce que vous n’avez jamais réclamé. Et accepter fera de vous leur obligé. De quelque côté que votre regard se pose, quelque soit la position que vous adoptez vous voilà piégé. »

 

La fin est jouée d’avance, le narrateur si mystérieux (est-ce l’auteur elle-même ?) nous avait laissé des indices. Mais jusqu’au bout, on est porté par le style à la sonorité si spéciale de l’auteur. Je ne suis pas fan des phrases trop longues. Généralement, elles décrivent le même objet ou paysage pendant des lustres et je suis trop paresseuse que pour imaginer l’objet ou paysage en question aussi fidèlement (laissez-moi rêver, crotte de bique). Ou alors, elles ne veulent tout simplement rien dire. Dans le cas de ce livre, non, ça ne m’a pas semblé être le cas, elles ont beau parfois faire une page entière (!), leur construction colle au mieux aux méandres des pensées du narrateur ou de Maria Cristina. Il y a rarement des dialogues à part entière, généralement ils sont incrustés dans la phrase, ce qui peut paraître déroutant au début mais ne m’a personnellement pas dérangée du tout. Il faut dire que j’ai beaucoup apprécié la manière d’écrire de Véronique Ovaldé, qui sert tout à fait une histoire qu’elle relate (« relate » car on la croirait réelle) d’une plume de maître.

 

« Il dit que le but de toutes ces histoires c'est de satisfaire le désir ardent de celui qui les lit. Pour ce faire il te faut obéir aux lois idéales de la rêverie, aux coïncidences et à l'appétit de correspondance mystérieuse. L'appétit de correspondance mystérieuse. Stevenson disait les choses bien mieux que moi mais je suis sûr que tu comprends de quoi il retourne, ma truite. »

 

Ce roman très intimiste parle des personnes qui sucent la liberté voire la vie de ceux qui les entourent. Ces derniers s’en rendant parfois compte, parfois non ; certains réussissant à échapper à cette emprise, d’autres non. Si le livre est souvent dur, les descriptions ne sont pas crues et jouent davantage sur les sensations que sur les faits. L’auteur privilégie davantage l’odorat et l’ouïe, ainsi que les émotions, par rapport à la vue. Ce qui donne un roman vibrant de sensibilité.

 

Livre lu dans le cadre de l’opération « Les matchs de la rentrée littéraire » organisée par Price Minister.

 

Mon ressenti

16/20

 

La grâce des brigands, de Véronique Ovaldé, éditions de l’Olivier (19,50€)  

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3 novembre 2013 7 03 /11 /novembre /2013 22:49

Action ou vérité (The Lying Game, #3)

 

Présentation de l’éditeur [ATTENTION SPOILERS] Cliquez ici pour lire ma chronique du tome 1 ; ici pour celle du tome 2.

« Qui a tué ma sœur Sutton ? Le beau Thayer, soudain de retour parmi nous ? Laurel, notre petite sœur, si sage en apparence ? Ma nouvelle vie est une énigme. Les reines du mensonge poursuivent leur jeu. Mais je peux compter sur Ethan, toujours à mes côtés. Enfin, je crois... » 

 

Mon avis

L’étau se resserre autour d’Emma alors que, côté suspects, elle patauge presque dans la semoule. Presque, car son enquête avance un peu… mais on piétine quand même pendant une bonne partie du livre.

 

En effet, Sara Shepard nous présente un coupable parfait. Or, avec un peu de jugeote et zieutant déjà sur le prochain tome, le lecteur ne peut que se douter que ce « coupable parfait » est un leurre. Dès lors, je me suis ennuyée, même à des moments qui devraient être plein de suspense, je n’avais pas tellement de mal à reposer mon livre si besoin (oui, dans le cas contraire, je privilégie la lecture de la fin de mon chapitre à toute autre activité, au grand dam de mon entourage).

 

Mais, comme je le disais, l’enquête avance un peu, moult points d’exclamation !!! Et il y a dans ce tome une nouvelle dimension : l’émotion, notamment car Sutton (la narratrice et la jumelle morte, dans un ordre aléatoire, rappelez-vous) sait des choses qu’Emma ignore et se sent impuissante, ce qui est assez intéressant et perturbant à lire… presqu’aussi perturbant que les premiers tomes qui m’avaient totalement chamboulée.

 

J’avoue que j’ai peur de tourner en rond par la suite. Et que les réactions des personnages, d’Emma surtout, commencent à parfois titiller mes nerfs, ce qui est dommage (pour mes nerfs, mais aussi pour le livre en général qui jusqu’ici avait échappé à cette malédiction des héroïnes y-a qui ne peuvent pas s’empêcher de devenir lourdingues et particulièrement quand un petit ami est en jeu) (mais ce n’est pas encore trop grave, ça n’arrive qu’une ou deux fois, donc je lui pardonne, je l’aime bien cette Emma qui se trouve, je l’admets, dans une situation périlleuse dans laquelle je ne souhaiterais me trouver pour rien au monde).

 

Sinon, j’ai deux suspects, un en particulier et je veux, que dis-je ? J’EXIGE de savoir le fin mot de cette affaire. Ces romans se lisent très facilement et rapidement ; il s’y passe plein de choses – même si ça implique parfois de revenir quelques pas en arrière – alors ça reste une lecture plus qu’agréable. J’ai remarqué que, plus j’avance dans une série (ce qui n’est pas courant car je les finis rarement, shame on me), plus je chicane au fur et à mesure des chroniques. C’est un peu normal. L’attrait de la nouveauté laisse place à la recherche et découverte de toutes les petites failles du récit. Donc j’ai beau avoir l’air de râler, j’ai beaucoup aimé ce livre, et j’adore cette série en général. Je lirai donc la suite avec plaisir. :-)))

 

Mon ressenti

9/10

 

The Lying Game, tome 3 : Action ou vérité, de Sara Shepard, éditions Fleuve Noir, collection Territoires (16,50€) 

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